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Trois filles et un appareil photo

Je sais pas trop si l’idée brillante est venue un jour à un sociologue de savoir pourquoi tant de filles aiment se prendre en photo.
Peut-être que j’aurais dû faire sociologue.

Enfin pas sûr, ça m’enlèverait trop de plaisir le jour où j’aurais envie de faire des selfies dans ma salle de bain

« tu prends tes fesses en photo?
– atta atta, regarde celle du mois dernier
– …
– tu trouves pas qu’elles ont grossi? »

Bon, un petit secret de fille pour oublier les photos dans le miroir: Si au moment où tu te brosses les dents, tes fesses tremblent, c’est que tu as pris du poids. Facile.

Bon cela dit le sujet n’était pas la. Le sujet c’était les filles qui se prennent en photo.
En fait j’ai beau me moquer, souvent, moi aussi j’aime bien ça les appareils photos. La preuve, avec mes copines Martine et Isabelle, on a consacré un samedi rien qu’à ça, il a bien fallu admettre qu’on a eu du plaisir, un peu trop même.

Alors voila un concentré de ce que ça donne, trois filles et un appareil photo.
On est juste des filles au fond.


Martine Isabelle et Melanie

Headgear:
Plumes – Melanie

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Métaphysique de la transparence

Décidément  il semble que l’auteur de ce blog aie une affection bien particulière pour les titres racoleurs pseudo intellectuels, grand bien lui en fasse, elle révise par la même son vocabulaire, et ses cours de terminale.
Pourquoi parler à la troisième personne ? Merde, je sais que je te fais souvent la remarque, lecteur chéri, mais tu poses des questions toujours si perspicaces ! il est bon que je te fasse part de mon admiration (juste histoire de flatter ton ego et te garder un peu plus longtemps, avant que je ne sorte le billet qui te vexera irrémédiablement).

La troisième personne, c’est un peu la parabole de la vie d’une majorité d’entre nous. On se raconte à la troisième personne. Tu remarqueras que je n’ai pas dit « On SE LA raconte », bien que ça vaille aussi pour certains. Bien sûr, tu comprends que quand je te parle de se raconter, c’est bien sur à nos Facebook respectifs que je fais allusion, oui, mais pas que. Parce que, finalement ce n’est pas nouveau, sur ce site, on « partage », comme d’ailleurs sur d’autres du même type, j’entends Twitter, Foursquare et d’autres.

Mais que viennent faire troisième personne et transparence  dans cette affaire ?
– Ca va deux secondes, j’y viens ! Comme dirait l’autre « y’a pas l’feu aux flaques »

Toi, quand tu postes ton statut, ta chanson ou ton article, tu veux dire « Hey ! check ça c’est vraiment cool », ou « ça va t’intéresser, regarde/lis/écoute » ou encore « Hey ! regarde par ici, parce que ça/je le vaux bien ».
Si tu me réponds : « Quoi ? Pfff n’importe quoi, moi c’est pas DU TOUT pour ça que je poste des trucs sur Facebook ! »
– Dans ce cas, je te suggère d’ajouter ce gars en ami, vous pourriez vous entendre, et si ce n’est pas le cas, tu peux arrêter la lecture ici, et aller directement . Tu me raconteras comment c’était hein ?
Donc pour arriver au terme de cette petite remarque complètement subjective, quand je regarde mon fil d’actualité sur Facebook, je lis des noms, suivis de statuts, vidéos, articles, check-ins, etc. A ce moment là, ce n’est pas au milieu d’une foule bruyante que j’ai l’impression de me retrouver, mais bien en face d’un script de pièce de théâtre, où chaque intervention se précède du nom du personnage, une sorte de comédie humaine, où chacun m’apparaît à la troisième personne.

« Ouais, bien joli tes petites phases. Mais ta transparence, elle vient faire quoi là dedans ?
– Oh je sais pas, juste comme ça, dans la vraie vie pas numérique, tu te vois chopper un haut parleur pour balancer à la cantonade « HE LES GARS ! JSUIS AU BAR TRUC-MUCHE AVEC MES POTES » ? Tu t’imagines te balader avec une pancarte au dessus de la tête disant : « Alors moi j’aime : les livres, la musique cool de gens cool, les sites cool, les pancakes, Nouillorque, et tout et tout. » ?
Non, hein ? Mais pourtant, nous ne nous gênons pas pour le faire en ligne. Bien sûr selon qui tu es, tu en dévoiles plus ou moins sur toi et ta vie, mais tu en montres déjà bien plus que dans tes rapports en dehors de ces sites, a des personnes que souvent, tu connais bien moins que tu ne penses.
Oui parce qu’après tout, nous savons bien que sous couvert de donner l’impression de tout montrer, tout dire, on se montre bien ce qu’on a envie, hein ? On se construit un joli personnage, réel. Et si tu réponds que j’ai tord a cette question/affirmation, je te demanderais alors d’étaler publiquement tes travers en cliquant sur « like », dans toutes les pages de TOUTES les choses que tu aimes réellement. Tu sais celles dépotent sévère avec l’image de toi que tu voudrais donner 😛

Tu ne me détestes toujours pas ? oh il ne doit pas manquer grand chose ! Moi, en tout cas, je t’aime beaucoup. Véridique.

on ne choisit pas d’être un con: on vit avec, c’est tout

Ah on la voit venir avec ses leçons de morale délirantes…
Oui, pour le coup, ce billet teinté de cynisme gratuit a pour seul objet de permettre a son auteur de se défouler.

Mais trêve d’égocentrisme, revenons à nos cons et ne voyez surtout rien de salace la dedans.
On part d’un postulat bête et simpliste: on nait con, par malchance ou mal-distribution génétique.
Là je laisserais nos généticiens me taper à grands coups de savate plus tard.

On nait con.
Après la question est de savoir: va-t’on s’en con-tenter, ou bien con-battre cet état de fait?
Pour ma part j’ai fait un choix : celui de n’être conne que dans l’intimité, c’est bien plus facile à gérer quand on est con qu’avec soi-même.

Passons ce schéma, car il en existe d’autres.

Le con-sacré, par exemple: c’est celui qui trouve un exutoire à sa connerie, en la balançant comme un adage, une rengaine à la gueule des pauvres con-passants.
Je pense là bien sûr à tous nos chers con-vaincus, religieux ou politico-sectaires, qui cherchent désespérément à nous faire entrer dans leur communautés, comme pour s’y sentir moins seul…
Ce genre de con là est d’ailleurs plus généralement un con-glomérat de cette espèce de gens.
Ici la connerie se nourrit du groupe, et grandit de façon proportionnelle et égale.
Si vous n’avez rien compris à ce paragraphe, relisez, et n’insinuez pas que c’est moi qui fais des phrases con-pliquées s’il-vous plaît.

Passons enfin au cas du con-cerné.
Celui-là est fourbe, et finalement, c’est celui qui nous emmerde le plus au quotidien.
C’est celui, ou celle, d’ailleurs, qui tout conscient du fait d’être un con ou une conne, si vous voulez, ne s’en soucie guère.
Ce con se fout royalement d’en être un, et au lieu de décider que peut-être il pourrait tenter de tromper son monde en passant pour moins con, il s’évertuera à afficher sa tare à tord et à travers.
Ce con là s’assume, il emmerde son monde et fait comme bon lui semble. Il traverse au rouge, il grille les feux à vélo, il s’énerve quand la file est trop longue. C’est aussi celle qui se vexe a la vue d’une congénère qui porte la même robe qu’elle, ou que lui, ça peut arriver aussi.

Vous vous demandez peut-être où va nous mener cette petite démo n’est-ce pas?

Souvent j’entends « quand je commence un truc j’aime bien qu’il y aie toujours une fin moi, j’aime pas bien le suspense ».
C’est tout à votre honneur.
En effet, que vaut une vie de surprises, en équilibre, dans l’incertitude et l’insécurité perpétuelle, quand on peut en choisir une lisse, prévisible, planifiée, au métronome?

Nous sommes tous cons c’est un fait, la questions est plutôt de savoir comment vivre au mieux avec cette tare spécifiquement humaine.