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Histoires de micro ondes, questions de timing.

Il y a peu, j’ai fait la rencontre d’une belle personne, qui m’a posé une drôle de question.
J’ai pas l’habitude des drôles de questions.

Celle-la disait quelque chose comme:
« Fais-tu partie de ces gens qui ne savent jamais quel temps mettre sur la minuterie du micro onde? »

Echec et Mat. Démasquée.
Là c’est le moment ou tu te projettes, pas plus tôt que la semaine précédente:
Tu es dans la cuisine du bureau, en arrêt devant la porte fermée du micro ondes, l’air stupide, sourcils froncés limite à la Frida Kalho, le doigt pointé sur le cadran genre « Faut qu’on parle! », et la faim au ventre, pour faire plus dramatique.
2’30? Non, déjà fait, pas bon. 2’22? mouais, je sais plus… Oh et puis zut merde et zut, au pif.

De toute évidence, non.
Je ne sais jamais quel temps programmer sur un micro ondes.
Il y a des gens qui ont vachement de talent pour ça. Ils y vont sans hésiter, c’est désarmant: ils tapent le chiffre quasi machinalement! Je suis admirative, sérieux. Le timing n’a aucun secret pour eux, ils mangent toujours chaud, à point, les petits veinards.

Ou alors je les soupçonne de mettre toujours le même chiffre, question de facilité peut-être…

Sérieux, vous pensez que c’est pareil avec la vraie vie?
D’un coté, ceux au bon timing, pour qui tout tombe toujours au bon moment, parce qu’ils sont prévoyants, pointilleux, ponctuels ou parce qu’ils ne prennent pas de risques. Si tu veux ramener ça à la métaphore culinaire, disons qu’ils sont ceux qui te servent toujours le même plat aux repas, et il est JAMAIS raté.
Puis les autres.

Ceux qui laissent les questions de timing aux mains du hasard, qui se plantent souvent, font beaucoup de conneries, mais qui défient le temps, aussi, et prennent de l’avance sur leur vie, parfois.

Sur ces mots ami lecteur, je te laisse, parce sans rire, si j’écris une phrase de plus, on finira par se croire dans une pub Apple des années 90.

Et si…

…ma tante en avait… non, non et non! pas d’ethylophilo pour ce soir/matin/midi. Laissons les grands penseurs du bar au coin de la rue tergiverser à notre place, ils savent faire ça tellement mieux que nous… et puis surtout ils ont le temps, eux.

Pourquoi alors pareille accroche ?, rétorquerez-vous : bande de curieux !
Grand bien vous en fasse, vous faites peut-être alors partie des rares illuminés qui tentent de penser leur micro-cosme (Wikipédia décrit d’ailleurs très joliment ce terme).

Ces gens là en sont-ils pour autant philosophes? j’entends, bien sur, par le fait d’être curieux, de soulever des questions (oui, enfin, surtout d’intégrer les réponses, ça va de soi)… Et pour aller plus loin, comment faire la différence entre le penseur affirmé, celui qui se prétend philosophe, et le penseur spontané, qui naturellement intègre toutes les données de ce qui l’entoure dans sa soupe de neurones?

Car oui, finalement, s’asseoir et réfléchir, polémiquer, déblatérer (quoi encore? ça vous dit pas que je récite le dictionnaire des synonymes ? pourtant madame, ça vous ferait pas de mal), donc, on reprend: faire la démarche de se poser pour « penser » est tout de même un tantinet prétentieux vous ne croyez pas?

Comme si le fait de penser que l’on est penseur, pouvait nous rendre meilleur que d’autres dans cette discipline, et pire, nous donner un pouvoir sur des situations hors de contrôle. Bah au risque d’en décevoir certains, arrêtez tout de suite, vous perdez votre temps, ou au mieux, vous divertissez des intellos et en outragez d’autres, bref, ça ne nourrit pas son homme (ou trop peu)..

Et si, pour en revenir à la question initiale, pour une fois, on essayait d’arrêter de penser, du moins de soulever des questions inutiles qui en soulèvent d’autres, douloureuses, à l’infini… Quoi ? « c’est pas ce que tu viens de faire ? »

Oui, je m’emmerdais, alors oui, je vous en fait profiter.
Finalement, je lui ressemble aussi, à l’ethylo-penseur du bar du coin…