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Définition

Il faut que je te fasse une confidence, encore: depuis quelque temps, je sens que ma sagesse et mon grand age me poussent vers des considérations toujours plus profondes.
Mince, j’ai cru te voir lever le sourcil gauche.
Mais c’est vrai ! 25 ans c’est quoi ? l’age superbe et bâtard ? celui que tu dévores deja a pleines dents sans en avoir jamais assez, celui que tu regretteras sans doute passés les 30 ou 31…

On dirait qu’arrivé a cet age, tu passes en mode « beaucoup » : tu travailles, profites, fetes, découvres, déçois, pleures, ries, bois, aimes, beaucoup, et vite.
En fait, tu as raison. Au final, a cet age, ta vie ressemble pas mal a un truc entre l’adolescence et l’ere des adultes. Un beau bordel en somme.
Ca tombe bien, j’adore le bordel. Pas toi ?

Du coup, comme tu réfléchis beaucoup, en tout cas je te le souhaite, il peut t’arriver a nouveau de te poser des question élémentaires, pour lesquelles les réponses des chanteurs émotifs et des séries télévisées ne suffisent plus. Du genre : « Ouais alors au final, c’est quoi l’amour ? » Sous entendu, l’ai-je vraiment déjà vécu, ou mon quotient amoureux est-il resté au bas des pâquerettes ?

Tu peux arrêter de te poser la question pendant des heures, et oublier les tests de tes magazines. Oui, car j’ai décidé, dans un elan de pragmatisme superbe, de sauver de précieuses heures de ton temps et t’apporter une réponse a LA question :

C’est quoi l’Amour ?

Si j’étais vraiment sage, sérieuse et intellectuellement integre, je te régurgiterais une belle réponse toute baveuse de philosophie et de bons sentiments du genre :
« Alors vois-tu l’amour, c’est un sentiment pur, qui ne s’embarrasse pas de mots compliqués », d’ailleurs, c’est peut-être pour ca que nos chanteurs de variété ont tous le meme champ lexical, exactement.
Je te dirais que l’amour fait l’effet d’une drogue, m’enfin si tu n’en as jamais pris tu ne seras pas plus avancé.
Je te dirais aussi que c’est une evidence, une ivresse qui se partage a deux, sans alcool.
Je te raconterais que quand tu aimes, l’autre est toujours beau et sent bon, meme avec sa tete de déterré du matin, meme apres avoir mangé un Shish Taouk…
En fait, tu n’aurais rien appris, perdu ton temps, et moi, la philosophie baveuse des sentiments, j’aime pas ça.

Si tu le permets, je vais m’atteler a te donner une description de l’Amour.

Il y un un chanteur de variété qui a dit un truc pas trop con sur l’amour, il a du ne pas le faire faire expres.
Quoi « Méchante »?
Il a dit :
« Certaines tombent amoureuses, c’est pur, ça les élève, moi j’tombais amoureuse comme on tombe d’une chaise ».
Oui, c’était bien dit UN chanteur.
Finalement, il était pas loin d’une vérité, parce qu’on dirait bien que l’amour au final, c’est un un sentiment fugace, celui que tu ressens un jour, une fois, et apres lequel tu cours pendant des années. J’espere que tu cours vite.

Tu as ceux qui tombent amoureux sans arrêt, pour un oui pour un non, pour un regard qui les fait vibrer, un moment qu’ils auraient voulu prolonger, mais c’est un peu vite oublier un contexte de soirée (trop) alcoolisée. Tu vois juste, ce sont eux qui tombent amoureux comment ils tombent de leur chaise. M’enfin si leur sentiments s’abiment autant que leux coccyx apres tant de chutes, le tableau doit être pas mal amoché au bout de quelques années. Les pauvres.
Ceci était une réelle manifestation de compassion, on s’entend.

Tu as ceux qui n’ont pas besoin de galoper tres longtemps, les chanceux ! L’autre débarque, au bon moment, la bouche en coeur, et c’est parti pour des années. Des années a s’échanger des regards passionnés, de baisers baveux et langoureux, et de quotidiens entrecoupés de scenes d’amour parfait comme dans les films. Oui ceux que tu regardes en cachette, tu n’oseras l’avouer a personne, ne dis pas non.

Mais il y a ce que tu ne vois pas, aussi. Oui, tu sais, je ne voudrais pas te décevoir, mais il ne montrent pas tout dans les films. J’te jure ! regarde, le hero, il a jamais la gastro ! ouais, bah ça, je suis désolée, mais je vais te dire, l’amour, le vrai, c’est aussi quand la vue de ton/ta partenaire terrassé par la gastro ne te donne pas des envies de prendre un aller simple pour n’importe-ou-mais-pas-ici sur le champ. Si si.

Tu vois rien de plus simple, un couple qui survit a une gastro est un couple vraiment amoureux, c’est évident.

C’est beau, l’amour.

C’est l’été (?!)

Ouais. Ce post tout a fait vide d’intérêt a pour seul objet de m’offrir une occasion de me plaindre de la météo.

Oui parce que c’est pile quand tu as l’impression que l’été est là qu’il se met à jouer un remake d' »Attrape moi si tu peux ».
En fait cette saison me fait un peu penser notre façon de construire la bonheur. Tu coures apres le soleil en cherchant a éviter les nuages.

Pour conclure sur cette réflexion profonde et désarmante de maturité, quoi qu’il arrive je jouerais toujours pour gagner à ce jeu, avec le plus grand sourire, n’en déplaise à ceux qui n’aiment pas mes dents.

Et si…

…ma tante en avait… non, non et non! pas d’ethylophilo pour ce soir/matin/midi. Laissons les grands penseurs du bar au coin de la rue tergiverser à notre place, ils savent faire ça tellement mieux que nous… et puis surtout ils ont le temps, eux.

Pourquoi alors pareille accroche ?, rétorquerez-vous : bande de curieux !
Grand bien vous en fasse, vous faites peut-être alors partie des rares illuminés qui tentent de penser leur micro-cosme (Wikipédia décrit d’ailleurs très joliment ce terme).

Ces gens là en sont-ils pour autant philosophes? j’entends, bien sur, par le fait d’être curieux, de soulever des questions (oui, enfin, surtout d’intégrer les réponses, ça va de soi)… Et pour aller plus loin, comment faire la différence entre le penseur affirmé, celui qui se prétend philosophe, et le penseur spontané, qui naturellement intègre toutes les données de ce qui l’entoure dans sa soupe de neurones?

Car oui, finalement, s’asseoir et réfléchir, polémiquer, déblatérer (quoi encore? ça vous dit pas que je récite le dictionnaire des synonymes ? pourtant madame, ça vous ferait pas de mal), donc, on reprend: faire la démarche de se poser pour « penser » est tout de même un tantinet prétentieux vous ne croyez pas?

Comme si le fait de penser que l’on est penseur, pouvait nous rendre meilleur que d’autres dans cette discipline, et pire, nous donner un pouvoir sur des situations hors de contrôle. Bah au risque d’en décevoir certains, arrêtez tout de suite, vous perdez votre temps, ou au mieux, vous divertissez des intellos et en outragez d’autres, bref, ça ne nourrit pas son homme (ou trop peu)..

Et si, pour en revenir à la question initiale, pour une fois, on essayait d’arrêter de penser, du moins de soulever des questions inutiles qui en soulèvent d’autres, douloureuses, à l’infini… Quoi ? « c’est pas ce que tu viens de faire ? »

Oui, je m’emmerdais, alors oui, je vous en fait profiter.
Finalement, je lui ressemble aussi, à l’ethylo-penseur du bar du coin…

Interlude, par un serpent unijambiste

Le boucher et l’alliée

Le boucher ayant bombardé tout l’été,

Se trouva bien dépourvu,

Lorsqu’un jour il s’aperçut,

Que les armes de destruction massives

Qu’il avait un jour rêvées

Etaient finalement bien fictives,

Comme tout le monde savait.

Pas une seule petite goupille,

Ni grenades, ni torpilles,

Mais des cadavres sur les brasle-nain-jpg

À n’en savoir que faire…

« Trouvons le coupable à cela »

Déclara l’américain téméraire.

Et la dictature tomba,

Mais de peur les soldats se terrèrent,

Car le peuple révolté

Pillait, hurlait et tuait.

Le boucher alla trouver son alliée,

pour tout sucre et miel lui demander,

« Juste un petit coup de main »,

Pour les aider sur le terrain,

Jusqu’à la fin de la querelle.

 » Je vous paierais, au nom du ciel,

Avant deux ou trois ans foi d’animal,

Grâce au commerce international. »

Mais l’alliée n’est pas préteuse,

C’est là son moindre défaut.

« Que faisiez-vous au temps chaud ?,

dit-elle à cette emprunteuse,

– nuit et jour à tout venant,

Je bombardais, ne vous en déplaise.

– Vous bombardiez ?, j’en suis fort aise,

Eh bien, réparez maintenant. »

Illustration par Gino Ladowitch